Café Kenya (4/4)

Pour terminer cette publication d’article sur le Kenya, je voudrais donc rappeler que :

  • La volumétrie des récoltes de café est toujours fonction de l’humidité, des ombrages et des procédés de culture.
  • Le stress des récoltes intensives a toujours un impact négatif à terme soit sur la main d’oeuvre, soit entraîne l’emploi de produits parfois toxiques (insecticides, pesticides).

Des empoyés de Lean Energy chargent le compresseur avec la sciure de bois et les coques de grains de café. Ici dans l’usine de Kiambu de Lean Energy, près de Nairobi.

Au Kenya, l’un des drames de notre décennie, c’est la désertification et l’appauvrissement en ressources d’eau.

Le lien ci-après vous donne un aperçu TV de la réalité du terrain.

Rappelons enfin que dans les années 80, la production annuelle de café était de 130’000 tonnes de café mais depuis 3-4 ans, elle a chuté à 60’000, et même si le gouvernement Kenyan se fend d’annonces de soutien à la filière caféière, c’est un mal plus profond qui touche les cafés d’Afrique.

Ceci n’est pas sans impact sur les prix du café Kenyan : le Kenyan AA, qui est la plus haute qualité, se vend à plus de 375$ les cinquante kilos à la bourse café à Nairobi, la Wakulima House.

« A Nairobi, la bourse du café a gardé son atmosphère coloniale, avec ses murs lambrissés, ses fauteuils à la couleur vert épinard passée, et le panneau en céramique marqué « Mincing Lane« , du nom d’une rue de la City de Londres qui fut le coeur des échanges mondiaux de thé et de café au XIXème » [l’express.fr]

Le café est une boisson de riches au Kenya, au point que les producteurs de café ne boivent le plus souvent que du thé. « Si les prix restent à ce niveau, j’espère que les producteurs de café deviendront des consommateurs de café » . Extrait d’un reportage réalisé avec Mr. John Waweru. Ce dernier exploite près de Thika, à une heure de route de Nairobi, le petit terrain que lui a légué son père. « Ces dernières années, les prix étaient très bas mais ils ont récemment remonté et cela nous permet de gagner de quoi faire vivre la famille et éduquer nos enfants« , se réjouit-il, constatant que de jeunes paysans reprennent en main des exploitations à l’abandon.

Pour se donner les moyens de sa politique, le gouvernement a défini différents axes de travail :

  • Introduction et diversification avec de nouveaux plants, moins fragiles, grâce au support de l’Institut de Recherche du Café)
  • Subvention des engrais pour les petits agriculteurs
  • Soutien à la transformation sur place, aujourd’hui plus de 90% de la production est exportée « brute ».
  • Le développement de solution écologiques (Lean Energy Solutions produit 40 tonnes / jour de rondins composites).
  • L’utilisation de l’énergie solaire.

Une autre ressource à base de café est en train de faire surface au Kenya : l’utilisation des coques (cascara) de grains de café pour en faire du combustible.

Un ouvrier remplit le séchoir des débris organiques.

Transfert des rondins dans l’usine de Lean Energy, qui emploie 400 personnes à travers le pays, dont une majorité de femmes en travail temporaire.

Autre élément que vous ignorez sans doute, c’est l’importance de la filière de la production horticole, très importante pour le Kenya.

Les roses kényanes représentent 75% des roses vendues sur les marchés européens et l’ensemble des fleurs coupées exportées par le Kenya font plus du tiers des fleurs coupées vendues en Europe), est à la fois fortement polluante, trop dépendante des aléas climatiques et menacées par des maladies difficiles à maîtriser dans les grandes serres trop spécialisées.

Cette filière spécialisée  fait vivre environ 500.000 personnes qui travaillent pour des fermes très concentrées autour du lac Naivasha , à quatre-vingt-dix kilomètres au nord de Nairobi.

Merci pour votre attention pour cette série de 4 articles dédiés au Kenya. J’espère que vous réfléchirez à présent lorsque vous achèterez du café Kenyan :

  • Les faits historiques qui ont privé nombre d’agriculteurs d’une partie de leur culture vivrière
  • Contradiction / antagonisme de modes de culture (colonisation)
  • Les efforts surhumains développés localement pour tenter de continuer à vivre décemment
  • Des conflits faisant des morts autour de la filière caféière, là où politique n’a pas su trouver des solutions  à des drames de subsistance.

 

 

 

 

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