Café Kenya (1/4) – histoire

Chères lectrices, Chers lecteurs,

Je partage en 4 épisodes quelques articles sur le Kenya et son histoire d’agriculture caféière.

Oui je sais cela ne fera sans doute pas rêver, néanmoins il me semble important de faire un détour par l’histoire pour comprendre les enjeux et les potentiels de la filière caféière, pour les pays tropicaux ou sub-tropicaux, de quelque bord que l’on soit.

Le café au Kenya – introduction

Vous aurez sans doute lu dans un de mes articles publié sur le blog des Cafés Trottet, que le café Kenyan a une très forte réputation en raison de son lavage spécifique.

En bon français on parle pour ce dernier café d' »arabica doux« .

Cultivé à une altitude variant entre 1’450 et 2’050 mètres d’altitude, le café Kenyan se cultive bien dans les régions du rivage du Lac Victoria, principalement dans deux districts : Busia et Siaya, ainsi que dans le sud-est du pays (Mombasa).

Au Kenya on trouve également des plantations de café Robusta.

Partition des terres caféières

Les terres Kenyanes sont réparties en zone écologiques, en fonction de leur position sur les échelles pluviométriques et thermométriques.

  • UM1 : 1’800-2’000 m.alt. idéale pour le thé et certaines variétés de café
  • UM2 : 1’600 – 1’800 m.alt. zone principale de bonne culture du café
  • UM3 : 1’400 – 1600 m. alt. zones marginales de la culture du café.

Variétés du café « originel » au Kenya

Les spécialistes distinguent plusieurs variétés indigènes du café. Les ouvrages de Dale & Greenway 1961 pages 436-436 mentionne néanmoins 3 principales :

  • Coffea eugenioïdes (proche de la souche du Canephora Robusta – frontière de l’Ouganda)
  • Coffea zanguebariae (côte océanique – Mombasa, Lamu)
  • Coffea arabica L. (les techniciens le dénomment spontané ou sub-spontané) région de Marsabit proche de …. l’Ethipie.

Pour le commun des mortels, je pense que vous aurez surtout eu accès à des cafés « terroirs » ou cafés « rares » qui ne sont autres que du Kenya AAA (grade de qualité de café).

Rétrospective Café

Au début des années 1868, l’Angleterre, que dis-je la Grande Bretagne, importait l’essentiel de son café depuis ses comptoirs et colonies d’Indes et de Ceylan.

L’année 1880 est à marquer d’une pierre noire pour la caéfiulture cingalaise : une épidémie de rouille du caféier dévaste les plantations et les grossistes britanniques se ruent vers le café Brésilien. Problème : le Brésil n’est pas dans la zone « livre sterling », il est de qualité inférieure et sensiblement moins bon.

Les missionnaires implantés en terre africaine pour « éduquer » les africains se font alors une joie de répondre à l’appel de la Mère patrie pour développer leur colonie au Kenya (Africa Counts Ogot & Kieran 1969 ISBN 978-1-55652-350-2).

Parmi les acteurs majeurs de la colonisation kenyane, on nomme régulièrement la Mission Saint Austin’s. Pour les curieux, vous pouvez consulter les archives à Nairobi, voici une 1ère piste : A history of St. Austins Mission Nairobi (1899-1999) ouvrage écrit par Frank Duffy.

Vous noterez au passage que l’histoire démarre dans cet ouvrage en 1899 alors que la Mission a été fondée avant. Sa première pépinière est passée de 100 arbres en 1899 à 5’000 dès 1904 puis 52’000 en 1914.

Dès 1905 une 2ème plantation a été inaugurée par le Gouverneur  à Kiambu avec 2’000 plants, dans le sud du pays Gikuyu.

La vérité sur le café Kenyan, c’est que si les Anglais exploitèrent à volonté (nous reviendrons sur les aspects sociologiques scandaleux) les plantations de rente, c’est grâce à des pères Français de la Congrégation du Saint-Esprit (présent à Zanzibar dès 1863) que, depuis la Tanzanie que la culture de rente va apparaître au Kenya via des plants de café Bourbon (un mutant récessif de Coffea Arabica), préselectionnés sur l’île de la Réunion. Une deuxième souche de café va également être testée dans la région du Kilimanjaro, cette dernière souche est obtenue à base de semences Yéménites (une variété de Moca)originaire de la région d’Aden.

Vous me suivez ? Comment est-on arrivé à Nairobi ? Par le réseau de cette congrégation des Pères Français de la Congrégation du Saint-Esprit qui avait une antenne à Saint Austin’s à proximité de Nairobi…

Culture de rente du café

Qui dit argent, dit spéculateurs, qui dit spéculateurs dit colons & émigrants assoifés d’accomplissement social (pas culturel !!!!!!). Dès 1909 le Kenya voit un afflux de colons blancs arriver sur des terres propices à l’industrie caféière.

Un drame social est déjà en train de couver pour les agricutleurs Kenyan…

La suite au prochain article 🙂

 

 

 

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