Café et Banque Mondiale

Texte écrit par : Charlotte Robert – CEO de Fleur de Café (www.fleurdecafe.com)

(suite)

En plus les pays producteurs avaient créé des institutions chargées du contrôle de la qualité, du ramassage dans les campagnes et de la vente parfois spéculant sur les prévisions de hausse ou de baisse. Ils exerçaient un amortissement additionnel des fluctuations et garantissaient que les paysans reçoivent le prix ainsi fixé.

Dans les années 80, le néolibéralisme a détruit tout cela argumentant qu’il fallait laisser faire le marché. Les pays consommateurs membres de l’OIC ont exigé la suspension des quotas et la Banque mondiale et le Fonds monétaire ont forcé les pays producteurs à fermer leurs instituts du café.

En plus la Banque mondiale ne s’est pas gênée d’aider des pays tropicaux qui jusque-là ne cultivaient pas de café à en planter : exemple au Vietnam ou en Malaisie. Et finalement le réchauffement climatique a exagéré le phénomène du Niño et la culture et la récolte du café basée sur des saisons de pluies et des saisons sèches très rigoureuses autant en matière de calendrier que de quantité de pluie, a tout bouleversé.

Tout cela pour dire que les prix du café sont relativement bas et que pour améliorer le niveau de vie des producteurs, on ne peut pas compter sur une montée tendancielle des prix basée sur un business as usual. Il faut donc ou bien cultiver autre chose que du café ou bien trouver des solutions.

Mais rappelons avant d’aller plus loin que l’industrie des pays industriels est remarquablement habile à garder le maximum de plus-value au nord. La torréfaction est faite au nord. Les torréfacteurs mélangent les cafés de sorte à gommer les variations de goût dues aux intempéries ou au contraire à un ensoleillement inhabituel. On vous présente donc un cornet contenant du café d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Meilleur moyen de s’attacher la fidélité des consommateurs.

Les cafés de provenance, les grands crus, sont rares et très chers. Et pourtant le goût est directement influencé par le travail dans la plantation et après la récolte. Et les pays producteurs sont mal équipés. C’est pourtant le chemin qu’ils devraient poursuivre avec acharnement. L’Ethiopie a réussi à interdire l’exportation de café non-torréfié.

Mais on peut aussi se tourner vers les déchets, c’est-à-dire les parties du caféier qui jusqu’à maintenant ne sont pas commercialisées.

(à suivre)

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